Le trio infernal anti-OGM au Luxembourg, Greenpeace, Demeter Bond Letzebuerg et bioLABEL Letzebuerg, ainsi que les dix organisations(1) qui soutiennent l’initiative “Luxembourg sans OGM”, ont chaleureusement salués l’initiative de la commune du Lac de la Haute Sûre, dont le conseil communal a décidé fin novembre 2006, d’exclure les OGM de ses terrains. Une décision courageuse et un exemple concret concernant les mesures qui peuvent être prises pour protéger notre agriculture et l’ensemble de la chaîne alimentaire nationale. Le trio invite donc tout naturellement les villes et communes à suivre la voie prise par cette petite commune et estiment ainsi possible la création d’un réseau luxembourgeois de “Zones sans OGM”.
Si actuellement il n’existe pas de règle au niveau européen, et bien que les risques et dangers émanant des OGM n’ont à ce jour pas été étudiés sur le fond, des variétés de mais transgénique sont bel et bien autorisés à la culture dans l’UE. La coexistence de champs biologiques, traditionnels et transgéniques ne fonctionne pas dans la pratique, et les zones libres d’OGM sont donc le seul moyen raisonnable pour respecter la liberté de choix des consommateurs. Avec cette légèreté qu’engendre le “laisser faire” de l’UE, les responsables politiques européens dénient le principe de précaution. Cependant il y a quelques 4.000 communes et autorités locales en Europe, rejointes par plus de 170 régions et provinces, qui se sont dors et déjà déclares “zone sans OGM”.
Cette initiative suit tranquillement son cours, et Greenpeace Luxembourg annonce fièrement qu’aujourdhui, deux autres communes (Beckerich et Préizerdaul) ont suivi l’exemple de la commune du Lac de la Haute Sûre. D’autres seraient très intéressées, notamment d’exclure tout aliment étiquette comme fabriqué avec ou contenant des OGM, de leurs installations municipales, telles les cantines scolaires. Greenpeace, qui s’est dans un premier mouvement adressé directement aux agriculteurs, reprend le volet “communes”. Bien informées, les communes ne pourront plus dire être hors connaissance de cause et seul le poids politique des producteurs d’OGM devrait jouer.
Actuellement le trio infernal anti-OGM doit combattre une “contre-campagne” initiée par la Centrale Paysanne et le FLB (Federatioun Letzebuerger Baueren). Rappelons que ces “administrations” ne sont que peu souvent sur le terrain mais très motivées par les rentrées financières. Les décisions prises à ce niveau ne prennent donc pas en compte les valeurs environnementales et certainement pas la santé des usagers éventuels. Il se pose donc une question primordiale pour l’agriculteur affilié à l’une de ces organisations paysannes, refusant l’usage d’OGM. Si son champ est infecté par des OGM venus du champ voisin, semés avec le support sinon l’aide de l’une de ces organisations, qui défendra ses droits?
Patrick Kleeblatt
(1) Aide à l’Enfance de l’Inde Action solidarité tiers-monde (ASTM) Attac Luxembourg Baueren Allianz BIONA Fondation Hëllef fir d’Natur Lëtzebuerger Natur- a Vulleschutzliga Life asbl Luxemburger Landesverband fir Beienzuucht SOS Faim Luxembourg