Le football et ce qu’il nous dit sur nous-mêmes

Le cycle intitulé “Le football, une métaphore de la condition humaine” a débuté il y a un mois avec un cycle cinemathographique suivi par des débats autour du football et avec un symposium international à l’université de Luxembourg. Ces prochains jours le festival se poursuivra avec encore plus des evenements: la soirée d’ouverture de la coup du monde aujourd’hui (CarréRotondes), une conférence, une exposition photographique et un spéctacle de danse.

Organisateur de ce festival, Sébastien Louis, docteur en Histoire contemporaine, spécialiste du phénomène ultra en Italie (auteur d’un livre intitulé « Phénomène ultra en Italie ») et des mouvements radicaux de supporters dans toute l’Europe, plus particulièrement en France, nous a expliqué un peu plus d’ou vient cette idée de réflection autour du football. Dans la prochaine Queesch apparetra aussi un entretien avec Sébastien sur le supporterisme”ultra”.

Q:  Tu essaies de mélanger le football avec la « haute culture », en organisant des conférences, des spectacles de danse, etc. autour de la coup du monde. D’où vient cette idée?

Sébastien Louis: Le côte artistique m’est venu en voyant différents festivaux et animations fêtant la coupe du monde en Allemagne. A cette occasion, il y a 4 ans, la cinémathèque avait organisé un cycle de films autour du football. En tant que grand amateur du football (j’étais moi-même supporter ultra durant douze années), j’ai été voir quelques films et j’ai été positivement surpris par la qualité de la programmation. J’ai trouvé ça un peu dommage de se limiter uniquement à des films, et de ne pas les accompagner par un débat quelconque. En même-temps, juste après la coupe du monde, je me suis retrouvé en Allemagne, à Leipzig – où j’ai été voir une exposition d’art moderne sur le thème « Football et art ». J’ai trouvé ça aussi très intéressant. Dans ma tête ces deux événements ont été déclencheur.

La dimension intellectuelle m’est venue par mes études et le livre que j’ai écrit sur la question du football. J’aime bien me définir en tant qu’historien des moeurs. Je suis spécialiste des supporters, j’étudie la tribune, ce qui se passe avant, pendant et après le match de football. J’étudie les symboles qui sont utilisés. Je regarde des tracts, l’autocollants, les tags,… Tout ça devient en suite une base de recherche.

J’ai remarqué que le nouveau monde universitaire en France est intéressé par le sujet. De même que les médias, qui ont une très mauvaise connaissance de la thématique.

J’ai proposé à Monsieur Claude Berthemes (directeur de la Cinémathèque), avec qui je collabore sur d’autres projets, d’organiser un cycle thématique autour du côté social du football, montrer tous les aspects qu’il y a derrière le foot. Car, pour les gens qui détestent le football, c’est un sport d’idiots, qui attire uniquement les couches les plus basses de la société. La culture, pour ces fans, se limite à taper dans le ballon et puis à boire des bières. Je voulais montrer tout ce que peut générer le football, tout ce qu’il y a derrière. Et, en même temps, en tant qu’ultra ayant fréquenté la plus grande partie des stades d’Europe, des tribunes populaires, j’ai pu me rendre compte qu’il y a un véritable mélange sociale et bien souvent le niveau d’études de certains supporters est bien plus élevé que ce que l’on peut imaginer.

Je voulais aussi organiser depuis longtemps une conférence à l’université de Luxembourg pour faire entrer le monde sportif dans le monde académique luxembourgeois.

Q: Le titre de ce cycle peut paraître compliqué. Qu’est ce que tu veux y exprimer ?

Sébastien Louis: En fait, le stade de football est, pour moi, le reflet de notre société. Tout ce qu’on n’aime pas dans la société, on le retrouve au stade. Et forcément il y a un cliché, parce que le stade est aussi une caisse de résonnance. Le football et les tribunes des stades de football anticipent les phénomènes sociaux et les grossissent. Par exemple, le racisme qu’on peut voir en Italie depuis 10 ans, on l’a retrouvé d’abord dans les stades, et par la suite dans la société.

Mais il y a aussi le côté très positif du football, souvent passé inaperçu dans les médias. Il y a football collectif et football individuel. Il y a différentes visions du football. Quelqu’un qui est de gauche et quelqu’un qui est de droite se retrouvent dans le football. Pour moi le football, c’est une véritable métaphore de la condition humaine, en ce sens que j’ai une certaine vision de société ouverte et tolérante. Et, pour moi, le football fait partie de cette vision. La solidarité qui existe sur le terrain, j’aimerais la retrouver dans ma vie de tous les jours. Le fait que ce soit un jeu collectif où le but n’est pas uniquement de gagner, mais il y a tout un ensemble de choses. Le football m’a permis d’avoir des rencontres exceptionnelles – j’ai connu des réfugiés afghans à Luxembourg, des artistes iraniens à Belgrade, des ouvrières bosniaques en Bosnie et Herzegovine, je me suis lié d’amitié avec des jeunes palestiniens en parlant de football…

Prochains événements du Festival «Le football, une métaphore de la condition humaine»:
Vendredi 11 Juin: KICK OFF – modern football is rubbish, soirée d’ouverture de la coupe du monde, avec DJ Set et projections des matchs d’ouverture sur grand écran.
20:30: Uruguay-France
22:30: DJ Set par Stereomission et VJ set, au :CarréRotondes.
Mardi 15 juin, à 18h30: «Hooligans, la face sombre du beau jeu», Vernissage de l’expo photographique avec l’artiste à la Chapelle du Centre Culturel de Rencontre abbaye de Neumünster

Programme complet se trouve sur: www.footballasametaphor.net.

Filed under: Exhibition,Social,Uncategorized — Tags: , , , — Natalia - June 18, 2010 12:29 pm

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