Un grand projet
Le nouveau livre de Naomi Klein, une écrivaine reconnue mais aussi souvent critiquée par le mouvement altermondialiste, est un projet énorme, résultat du travail collectif de dizaines de personnes dans plusieurs pays. Critiquée surtout à l’occasion de son premier livre, “No logo”, pour ne pas être assez rigoureuse avec les faits, Klein a mobilise cette fois autour de son nouveau livre toute une equipe de chercheurs et de personnes devant verifier des informations dans tous les pays analysés dans le livre. Jusqu’å présent, peu de voix critiques se lévent par rapport à la vérite des informations qu ils ont apportee.
Pensé au début comme un reportage et une analyse de l’Iraq ou Klein a été journaliste pendant quelques mois, le livre a grandi dans une profonde analyse des changements politiques et economiques les plus importants dans les dernières 35 années. Des changements qui ont mené à la construction d’un complexe politique-economique prédominant de nôtre temps, qu’on appelle d’habitude le néoliberalisme et que Klein, quant à elle, appelle “complexe du capitalisme de désastre”.
A l’origines de la doctrine du shock
Klein commence son analyse d une maniére très originale, mais à la fois typique de son style vivant et de sa capacité extraordinaire à construire des narratations originales tout en prenant des faits assez connus. Elle commence avec l’histoire des experiences pseudo scientifiques menées dans des institutions psychiatriques des Etats Unis dans les années 40s et 50s et financées par la CIA. Ces experiences, sourtout celles executées par docteur Cameron, plutôt que de contribuer à la science, ont permis à CIA d’obtenir des methodes de torture beaucoup plus sophistiquées qu auparavant. Des méthodes aujourd’hui utilisées par exemple à Guantànamo et dans des prisons iraquiennes.
Les experiences des années 50s ont été une “recherche” sur des êtres humains exposés a des conditions de choc extreme comme la privation sensorielle, menant a la désorientation dans le temps et l’espace et, comme résultat, à la régresion psychique dans des stades infantiles. Une version politique de ces experiences a été mené ces dérniers 35 ans à plus grande échelle dans presque tous les pays du monde, selon Klein.
Les prémières mises en oeuvre de la doctrine
Klein se concentre surtout sur la pratique d’implatantion des politiques néoliberales. Le livre est un parcour a travers des pays et des regions du monde ou des changements politiques ou des catastrophes naturelles traumatisantes ont été utilisé comme “la fenêtre d’opportunité” par des idéologues, politiciens, économistes et surtout les business liés au mouvement néoliberal. Ce mouvement, dont les fondements intelectuels ont été créés principalement par deux ideologues charismatiques, Milton Friedman et Friedrich Hayek, a été une réponse de droite bien organisée et bien financée à l’idéologie et pratique économique dominante de cette époque, le keynesianisme. Selon cette nouvelle orthodoxie, tout intervention d’état dans l’économie du marché crée seulement des “distortions” qui ne permettent pas au marché libre d’atteindre son équilibre. Cet équilibre parfait du marché, malgré le fait qu’il n’était jamais vu en dehors des laboratoires des économistes néoliberaux, dès le debut des années 80s a commencé à être utilisé comme une solution magique a tous les problèmes économiques et politiques du monde entier.
En associant le marché libre avec la liberté d’individu en general, le néoliberalisme a commencé à se concentrer sur la création des conditions favorables pour la libre circulation, accumulation et spéculation du capital. Mais pour ouvrir ces nouvelles frontières, comme les appelle Klein, pour le capital, des changements politiques profonds ont été nécessaires. Des changements qui “liberent” des gens de toute protection sociale, y compris surtout les droits des travailleurs. Vue qu’à l’époque une vaste majorité des populations n’a ressenti aucun enthousiasme pour les promesses du marché libre, il a fallu donc créer des circonstances spéciales dans lesquelles les travailleurs perdent le sentiment de leur propre intérêt.
La trame du livre commence en Amérique du Sud, le premier laboratoire des politiques néoliberales. C’est là aussi ou l’hypocrisie de Friedman et d’autres ideologues du néoliberalisme a commencé tout de suite à être très significative. Klein donne des détails de la relation de cordialité et de soutien entre Friedman, ideologue de la “liberté” et Pinochet, dictateur qui est arrivé au pouvoir par le résultat d’une machination soutenue par la CIA contre le président socialiste Allende. Dans le même temps quand Friedman faisait les éloges du marché libre au Chili puis en Argentine, des milliers des personnes, pour la plupart des travailleurs et des militants syndicalistes, ont éte torturés et assasinés. Le livre, grâce à une énorme recherche, donne des déscriptions effrayantes des systèmes de terreur élaborés par les juntas dès le début de leur arrivée au pouvoir. Pour donner un exemple, des camps de concentration en Argentine ont souvent été placés dans des endroit ou tout le monde pouvait facilement s’apercevoir de leur extistence, par exemple dans un hôpital ou dans une partie de la fabrique de Ford.
L’exportation vers les pays du centre et l-ex bloque sovietique
Après avoir été “testées” dans l’Amerique du Sud ou la force de shock a été suffisante pour que l’opposition organisée à l’époque reste faible, les politiques néoliberales et la pratique de leur mise en place ont été exportées vers des pays du centre capitaliste, comme la Grande Bretagne (ou Margaret Thatcher a utilisé la guerre néocoloniale avec l’Argentine pour entrer en guerre avec les syndicats des mineurs) et les Etats-Unis. Après l’année ’89 c’est en Europe de l’Est, en Russie et en Chine que les néoliberaux, les institutions financières influencées par eux et des elites locales ont concentré leurs efforts.
Un regard appasioné sur les faits
Même si cette histoire a été déjà assez bien décrite dans plusiers livres (1), une grande force de l’oeuvre de Klein reste dans son style personel, pasionnée et informée, elle évite une analyse pure et dure en faveur d’une narration vivante, enracinée dans des témoignages, citations rapports, etc. La véritable originalité de son livre se déploie aussi de par ses analyses des offensives néoliberales récentes, comme aux Etats-Unis le lendemain d’hurricain Katrina qui a détruit la Nouvelle Orléans, aux pays affectés par le tsunami, comme le Sri Lanka ou le service d’eau a été privatisé 4 jours après la catastrophe et, finalement, à l’Iraq.
Klein partage l’analyse de plusieurs critiques soutenant que le néoliberalisme est une doctrine qui dès le début a été implantée avec l’intention d’augmenter les profits capitalistes. Même si elle n’utilise pas le phrase “restauration du pouvoir de classe” comme le fait par exemple Harvey(2), elle donne des exemples de la corruption monstrueuse qui a accompagnée les politiques néoliberales dès le début.
Est-ce que la livre propose une alternative
La faiblesse du livre qui semble être aussi la faiblesse de l’analise politique de Klein-elle même, c’est une manque de critique du keynesianism et de l’etat du bien-être. Il n’est pas signalé dans son livre que la popularité de l’option néoliberale dans les classes moyennes des pays dévéloppés comme la Grande Bretagne a été dûe en majeure partie à la crise du capitalisme du type “keynesian” qui ne met pas fin à la logique d’accumulation du capital, la croissance économique au détriment de la nature et des regions du monde moins développées, la compétition internationale, la spéculation. Tous ces éléments, l’idéologie néoliberale les valorise aussi, mais d’une maniére plus ouverte et plus brutale pour défendre ce système.
Note: Les ressources accumulées par la recherche faite pour le livre sont disponibles sur l’addresse: http://www.naomiklein.org/shock-doctrine/resources On peut y trouver, entre autres, des rapports des Commisions de la Verité de l’Amerique du Sud, la correspondance entre Friedman et Pinochet, le manuel confidentiel pour la torture écrit pour CIA dans les années 60s, etc.