Norry Schneider
Hitzerekord und Klimawechsel – Asylrecht – Globalisierung. Haben diese Themen wirklich nichts gemeinsam? Heute schätzt mensch die Anzahl der «Umweltflüchtlinge» auf 25 Millionen – sie flüchten vor Naturkatastrophen oder werden zwangsumgesiedelt wegen dem Bau von Staudämmen oder grossen Strassenprojekten. Obwohl sie die gleiche Not haben, minimale Lebensbedingungen zu finden wie politische Flüchtlinge, besitzen diese Leute in unseren Ländern kein Recht auf Unterkunft. Auf der einen Seite verschliessen sich die Grenzen der reichen Länder jenen die vor der Misere flüchten; auf der anderen Seite, mittels neo-liberaler Politik die durch den Norden durchgeboxt wird, öffnen diese gleichen Grenzen sich zusehends fraglichen Finanzgeschäften und dem «freien Markt».
Canicule et changement climatique – droit d’asile – mondialisation. Rien à voire ? Pas si sûr… A l’heure actuelle, ils sont 25 millions de «migrantEs pour raisons d’environnement», qui fuient les lieux des catastrophes naturelles ou sont déplacéEs à cause de certains grands projets de développement – par exemple lors de la construction de barrages ou de routes. Bien que leur besoin de retrouver des conditions de survie est aussi important que pour les réfugiéEs politiques, ils/elles n’auront pas le droit d’asile dans nos pays. Les frontières des pays riches se ferment pour ceux/celles qui fuient la misère alors que, par le biais des politiques néo-libérales forcées par le Nord, ces mêmes frontières s’ouvrent davantage aux transactions financières douteuses et au «libre-commerce».
i. Qu’est-ce qu’unE «réfugiéE»?
Le droit d’asile dans les pays du Nord
Alors que les biens et les capitaux n’ont jamais circulé aussi facilement qu’aujourd’hui, et hommes et femmes d’affaires, touristes et étudiantEs ne cessent de traverser des frontières de plus en plus invisibles, les gouvernements visent une hypothétique «immigration zéro». Même si le coût de l’accueil des réfugiéEs reste supportable pour les pays du Nord, ces derniers cherchent à contrôler le mouvement des «intrus» pour les empêcher de pénétrer sur leur territoire. Ces politiques du droit d’asile compromettent sérieusement la sécurité et les droits des personnes qui ont besoin de protection d’atteindre un pays où elles pourraient se trouver en sécurité. Les réfugiéêtre également affaméEs sont ainsi soupçonnééêtre en fait des «réfugiés économiques», des «».
Le statut de réfugié
D’après les derniers chiffres de la Croix-Rouge Internationale, 175 millions d’hommes et de femmes vivent aujourd’hui hors du pays où ils sont nés, soit 2,5% de la population mondiale – deux fois plus qu’en 1975. Beaucoup sont des «migrantEs économiques» qui fuient la faim et la misère. A ce jour seulement 16 millions de personnes ont droit au statut de «réfugié». Aux termes de la Convention de 1951 des Nations Unies relative au statut des réfugiéEs, unE réfugiéE est une personne qui ne peut se réclamer de la protection de son propre pays et qui a quitté ce pays, «être persécutée» si elle y retournait. Mais bien plus nombreux sont ceux et celles à fuir la guerre, les catastrophes naturelles, la violence ou la misère et ne sont pas considéréEs comme des réfugiéère nationale, 25 millions de personnes sont «déplacées à l’intérieur de leur pays». Les déplacéEs internes ne sont protégéEs ni par un instrument juridique obligatoire comme celui de la Convention de 1951 sur les réfugiéEs, ni par une institution spécialement mandatée pour le faire, comme le Haut Commissariat aux réfugiés des Nations Unies (HCR) – ces hommes et ces femmes sont les victimes d’une catastrophe oubliée. À ce groupe s’ajoutent encore 25 millions de «»
ii. Catastrophes «naturelles» et déplacements forcéss: le triste destin des «migrantEs écologiques»
Les «migrantEs écologiques» fuient les lieux des catastrophes naturelles; ou alors sont déplacéEs à cause de certains grands projets de «développement» (p.ex. lors de la construction de barrages ou de routes). Le lien réfugiéEs – environnement est un cercle vicieux: la précarité de ressources naturelles (eau potable, terres cultivables, etc.) déclenche ou renforce des conflits violents, provoquant des migrations de populations entières àérieur de leur pays ou vers des pays voisins, où à leur tour elles exercent une pression trèépandue aux images des centaines de milliers qui ont fuit le génocide au Rwanda en 1994, cherchant refuge au Zaïre et en Tanzanie, en partie dans des zones très riches en forets et en biodiversitéété sur place pour éécologique.
Catastrophes «naturelles»
A part l’instabilité politique et la croissance démographique, chaque année plus de personnes fuient les conditions hostiles de leur environnement. En 2025, 3.5 milliards de personnes vivront dans des régions arides.éfastes (p.ex. monocultures et prolifération de plantes génétiquement modifiées) et la croissance déère décennie, les catastrophes naturelles ont provoquéles et des millions ont perdu leur maison. Les catastrophes «naturelles» dont il est question dans les rapports officiels (tempêtes, sécheresses et inondations selon les régions) sont souvent provoquéûénergie dans les pays industrialiséétit ravageur des multinationales se manifeste dans le déboisement massif des forets tropicales, les gisements pétroliers et les mines à ciel ouvert. Surexploitation des sols, érosion et désertification, destruction des nappes phréatiques, réduction de la biodiversitéénétique de la nature entraîne un vé
Déplacements forcés
Si beaucoup fuient les conditions précaires de leur environnement, c’est parce qu’ils/elles n’ont pas le choix. Là où sont découverts pétrole ou pierres précieuses, des villages entiers sont déplacés manu militari – dans la jungle amazonienne p.ex., les multinationales engagent souvent des groupes paramilitaires («forces de sécurité») pour protéger leurs chantiers. Si les communautés autochtones n’acceptent pas de quitter les lieux de leur plein gré, ils sont expulsés de leur terre à bout portant et doivent trouver d’autres terres pour vivre. La liste d’exemples est malheureusement longue, très longue. Une autre raison de déplacements forcés sont des projets de routes ou de barrages. Selon le rapport de la Commission mondiale des barrages (CMA), entre 20 et 40 millions de personnes ont été déplacées pour faire place à la construction de grands barrages. A lui seul le barrage de Sardar Sarovar en Inde, projet financé principalement par la Banque Mondiale, a entraîné le déplacement forcé de 200.000 paysanNes.
iii. La mondialisation économique
Dans tous les domaines les multinationales ont conquis la planète: la bio-piraterie orchestrée par l’agro-alimentaire, gaspillage d’énergie et réchauffement de la planète, saccage des forêts ancestrales, construction de barrages, etc. Des millions de personnes sont forcées chaque année à quitter leur terres. Sans aucun moyen d’autosuffisance, elles sont livrées à la merci des marchants modernes d’esclaves (p.ex. dans les grandes plantations), ou sont dévorées par le gouffre des méga-villes du Sud.
Le saccage des ressources naturelles par les multinationales se fait souvent sous le regard bienveillant de la Banque Mondiale (finançant une bonne partie de ces projets), du Fonds Monétaire International (le FMI dictant aux pays pauvres et endettés de vendre leurs ressources au «plus offrant»éétrangers qui opèééserves en péérieure auprès du FMI. Or le prix du pétrole subit des fluctuations importantes sur le marché mondial –é à encourager la vente aux enchères des ressources naturelles: de plus en plus de concessions sont données aux grandes firmes pétrolières étrangères, qui investissent ainsi dans le «développement» du pays.
La mondialisation économique promue par l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) planifie par «l’ouverture des marchés» un détournement des ressources et du savoir des pauvres des pays du Sud, portant ainsi gravement l’atteinte à leurs modes de vie et à leur subsistance. Selon Vandana Shiva, prix Nobel Alternatif en 1993, «le volet agricole de l’OMC est le plus grand programme au monde de création de réfugiés.» La libé, coup forcéà la concurrence mondiale, en sapant la viabilité des petites fermes qui ne peuvent faire face à la concurrence étrangèée de millions de paysanNes qui devront alors abandonner leurs terres au profit des multinationales. Dans cette atmosphère empoisonnééroulera la cinquième conférence ministéà Cancun, au Mexique (voire plus loin).
iv. Conclusion
Les politiques du droit d’asile appliquées par les gouvernements du monde «développé» compromettent sérieusement la sécurité et les droits des réfugiéEs et des migrantEs. Ne sont pas reconnus comme réfugiés les hommes et les femmes qui fuient la misère et la faim, les catastrophes «naturelles» et les déplacements forcés. Ces gens-là n’auront pas le droit au refuge dans nos pays pourtant assez riches pour les accueillir et se trouvent dans un vide juridique en matière d’immigration.
De l’autre coté, les politiques néolibérales promues par les Etats-Unis et de l’Union Européenne en chef de file encouragent le pillage des ressources naturelles et la vente aux enchères de l’agriculture dans le Sud. C’est chez nous que se trouvent les sièges administratifs et les comptes en banque des multinationales du pétrole et de l’agro-businness; c’est ici que sont prises les décisions de constructions des grands barrages forçant le déplacement des centaines de milliers de personnes; c’est d’ici que proviennent les armements utilisés dans les carnages après lesquels l’humanitaire s’empresse de sauver ce qu’il y a à sauver. C’est au G8, à Davos et dans les quartiers généraux de l’OMC que se décide le sort de la planète.
N’est-ce pas ici qu’il faudrait commencer avant d’établir d’absurdes politiques du droit d’asile, qui tranchent entre les «vrais» et les «faux» réfugiés? N’est-ce pas ici qu’il faut que nos entreprises multinationales se responsabilisent de leurs actes qui piétinent encore et toujours les droits sociaux, humains et environnementaux avant que nos gouvernements investissent des sommes importantes dans «l’aide au développement» et fassent des promesses de «développement» durable dans le monde? «L’immigration zéro» n’est qu’un rêve xénophobe qui est loin de se réaliser, surtout si les gouvernements des pays riches continuent à faire l’éloge du libre-commerce, sans limites ni éthique, comme «une mesure pour tous».
L’OMC – de Seattle à Cancun
Cet article est une synthèse de deux articles publiés dans «Brennpunkt drëtt Welt» nr. 212: Dossier: Organisation Mondiale du Commerce. ASTM – Action Solidarité Tiers Monde, juin 2003 : «L’OMC en dix questions-réponses» p.10-12 et «Quelques mois avant Cancun», p.1, ainsi que d’informations publiées par Thirld World Network.
L’Organisation mondiale du commerce (OMC) (angl. World Trade Organisation – WTO) vise à organiser, au plan mondial, l’ensemble du commerce selon les principes de la «liberté» des échanges marchands et de la concurrence parfaite. Cette dérégulation planétaire crée pour les entreprises du Nord un vaste espace pour se développer encore et encore sans se soucier de la dimension humaine du commerce. Les pays pauvres qui s’opposent au «droit du plus fort d’étrangler le plus faible» ne sont pas pros en compte par l’Union Européenne et les Etats-Unis, qui préfèrent écouter les firmes transnationales et leurs multiples lobbies. Le Nord forcera donc un fois de plus l’élargissement de son agenda néolibéral lors de la 5ème conférence de l’OMC à Cancun (Mexique) en septembre 2003. Les négociations porteront entre autre sur le commerce et l’investissement, le commerce et la politique de la concurrence, la transparence des marchés publics et la facilitation des échanges.
Das Ziel der Welthandelsorganisation (engl. World Trade Organisation – WTO) ist es weltweit den Handel nach den Prinzipien des «freien» Handels und der totalen Konkurrenz zu unterstellen. Diese globale Deregulierung schafft für die Unternehmen des Nordens Möglchkeiten sich unbehrenzt auf Kosten der menschlichen Dimension zu entwickeln. Die armen Länder die sich der «Macht des Starken den Schwachen zu unterdrücken» widersetzen werden von der Europäischen Union und den USA weitgehend ignoriert, denn letztere ziehen es vor es den transnationalen Konzernen recht zu machen. Der Norden wird also einmal mehr seine erweiterte neolibera Agenda während der 5ten WTO-Ministerkonferenz in Cancun (Mexico) durchpuschen. Die Verhandlungen werden unter anderen Investitionsabkommen, Wettbewerb und Transparenz im öffentlichen Beschaffungswesen und Marktzugang behandeln.
Qu’est-ce que l’OMC?
Après seulement 7 ans et demi d’existence, l’Organisation mondiale du commerce (OMC), qui compte actuellement 142 Etats membres, affiche un triste bilan: déstabilisation des productions agricoles des pays en développement; subordination de la préservation de l’environnement, de la sécurité sanitaire et alimentaire et des droits économiques et sociaux à l’idéologie libre-échangiste et aux intérêts des entreprises transnationales; brevetage du vivant; etc. Et ce n’est qu’un début. Les textes instituant l’OMC, signés à Marrakech en 1994, visent, étape par étape: – à organiser, au plan mondial, l’ensemble du commerce selon les principes de la «liberté» des échanges marchands et de la concurrence parfaite. Ainsi, en application des principes de «l’accès au marché» et du «traitement national», l’OMC non seulement intervient dans le commerce pratiqué à l’ intérieur de chacun des Etats, mais aussi dans leurs lois et règlements, tant au niveau national que local. Ainsi, p.ex. l’Accord général sur le commerce des services (AGCS) – l’un des piliers de l’OMC – n’exclut quasiment aucun service de ses visées, tant sous l’angle du commerce que sous celui de l’investissement.
Le fossé Nord-Sud dans les négociations
Depuis le début du 21ième siècle, jamais l’écart entre le niveau de vie des pays industrialisés et celui des pays en voie de développement n’a été aussi grand et l’opposition entre les gouvernements du Nord et du Sud n’a été aussi frontale. C’est dans ce contexte que va se dérouler au mois de septembre 2003 la cinquième conférence de l’Organisation Mondiale du Commerce à Cancun, au Mexique.
Depuis Seattle, où ils ont refusé un nouveau cycle de négociations mettant davantage de matières sous la coupe de l’OMC, les pays en développement, majoritaire au sein de l’institution, ont demandé une évaluation des accords existants au regard de leur impact socio-économique, environnemental et culturel ainsi que la révision de ceux-ci en conséquences des résultats obtenus. C’est avec une arrogance sans borne que – Union européenne et USA en tête – les pays riches ont opposé systématiquement le plus catégorique des refus. L’Union Européenne et son commissaire Pascal Lamy ont au contraire poussé L’OMC à ouvrir des négociations sur les matières les plus larges, telles que les services, le brevetage du vivant, l’agriculture, la propriété intellectuelle, les investissements, etc. La régulation du commerce prônée par l’OMC se traduit en fait par une dérégulation planétaire créant pour les entreprises du Nord un vaste espace pour se développer encore et encore sans se soucier de la dimension humaine du commerce – c’est le droit au plus fort d’étrangler le plus faible.
A ce propos, la duplicité de nos gouvernements est sans limites, car nos gouvernements tiennent des propos lénifiants sur la lutte contre la pauvreté tout en adoptant des positions et des accords qui accroissent la pauvreté et la dépendance des pays du Sud à l’égard du Nord. Il est dès lors urgent de placer nos gouvernements devant leurs responsabilités, car en dernier ressort, c’est dans chaque pays qu’est décidée la politique conduite par l’Union européenne et par l’OMC. Même si les décisions prisent à l’OMC manquent de transparence pour les gouvernements, rien ne les empêche de revoir les bases des accords et du fonctionnement de l’OMC.
Pour clarification: Le Luxembourg n’a pas de siège de négociateur à l’OMC, pas plus que les autres Etats membres de l’Union européenne (UE). C’est la Commission européenne qui négocie en leur nom. Alors que ce mandat ne donne jamais lieu à un débat démocratique dans l’opinion, ni à une quelconque campagne d’information, les firmes transnationales et leurs multiples lobbies sont largement consultés et écoutés.
Les enjeux de Cancun
L’OMC tient ses conférences ministérielles à peu près tous les 2 ans – c’est l’autorité de décision la plus importante de l’organisation: Singapore en décembre 1996, Genève en mai 1998, Seattle en novembre-décembre 1999, Doha (Qatar) en novembre 2000 et le cinquième volet se tiendra à Cancun, Mexique du 10 au 14 septembre 2003.
Les négociations porteront sur «l’agenda de Doha», lancé lors du dernier sommet au Qatar, à savoir le commerce et l’investissement, le commerce et la politique de la concurrence, la transparence des marchés publics et la facilitation des échanges, ainsi qu’une immense liste de négociations courantes sur l’agriculture, l’accès aux marchés et l’accès aux médicaments. Ces négociations sur différents sujets sont combinés en paquets – des cadeaux «empoisonnés» à prendre ou à laisser pour les pays pauvres.
Bien qu’il est vrai qu’au sein de la conférence ministérielle de l’OMC, chaque pays membre a droit a une voix, il ne faut pas oublier que les paquets à négocier sont préparés bien à l’avance. En 2001, entre 45 et 50 réunions par semaine préparaient les documents sur lesquels décident les ministres, tendance croissante puisque depuis Doha le champ de thèmes discutés a été élargi. Ceci est bien au-delà du faisable pour beaucoup de pays pauvres, dont certains n’ont qu’unE déléguéE pour l’ensemble de toutes les réunions préparatoires à couvrir!
Pour plus en savoir plus :
Organisation mondiale du commerce (OMC): www.wto.org
Action Solidarité Tiers Monde (ASTM): www.astm.lu
World Development Movement (WDM): www.wdm.org.uk
Déclaration de Berne: www.evb.ch
Thirld World Network: www.twnside.org.sg
